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L’audition retrouvée : Le miracle technologique du Pr Mashudu Tshifularo

De notre envoyé spécial à Pretoria – C’est une révolution silencieuse qui s’est opérée dans les blocs opératoires de l’hôpital universitaire Steve Biko. Pour la première fois au monde, un chirurgien sud-africain a réussi à restaurer l’ouïe de patients grâce à l’impression 3D. Un espoir immense pour des millions de personnes souffrant de surdité de transmission.

Une prouesse née de l’innovation 3D
Au cœur de cette réussite se trouve le professeur Mashudu Tshifularo. Son défi ? Remplacer la chaîne ossiculaire, un ensemble de trois os si minuscules qu’ils pourraient tenir sur le bout de votre doigt : le marteau, l’enclume et l’étrier. Lorsque ces osselets sont endommagés par une infection ou un traumatisme, le son ne parvient plus à l’oreille interne. Le silence s’installe.
La solution traditionnelle consistait à utiliser des prothèses standardisées, parfois difficiles à ajuster. Le Pr Tshifularo a balayé ces limites en utilisant le titane biocompatible et la précision chirurgicale de l’impression 3D.
« L’implant doit être aussi unique que l’oreille »
La force de cette intervention réside dans la personnalisation extrême. En utilisant des scanners haute résolution, l’équipe médicale crée une réplique exacte des osselets manquants, adaptée au millimètre près à l’anatomie du patient.
« En remplaçant uniquement les osselets défaillants par des copies conformes en titane, nous minimisons les risques de complications et de rejets », explique le professeur.
Le résultat est spectaculaire : dès le réveil, ou après une courte période de cicatrisation, des patients qui vivaient dans un monde feutré depuis des années retrouvent une clarté sonore immédiate.

Une technologie au service de l’accessibilité
Au-delà de l’exploit scientifique, Mashudu Tshifularo porte une vision sociale. Originaire d’une zone rurale d’Afrique du Sud, il refuse que cette technologie reste l’apanage des cliniques privées luxueuses.
Son objectif est clair : démocratiser l’impression 3D médicale. « Cette technologie doit être abordable pour nos populations les plus démunies », martèle-t-il. En simplifiant le processus de fabrication, il espère transformer ce qui était une opération « miracle » en une procédure de routine accessible dans tous les hôpitaux du continent.
En bref : Le fonctionnement de la prothèse
Matériau : Titane (léger, durable et non rejeté par le corps).
Procédé : Numérisation de l’oreille moyenne, modélisation 3D, puis impression laser.
Indication : Surdités causées par des accidents, des otites chroniques ou des malformations congénitales.
L’Afrique du Sud prouve aujourd’hui qu’elle n’est plus seulement une terre de transplantation cardiaque (en souvenir du Pr Barnard), mais qu’elle est à la pointe de la médecine bionique.

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