
Inscrit à l’Ordre National des Architectes du Cameroun (ONAC) sous le matricule 690, Michael Chedjou incarne une nouvelle génération de bâtisseurs. Anticonformiste, profondément imprégné de cosmogonies afro-centriques et sensible à l’art, le directeur du cabinet MADConcept-Architecture refuse les sentiers battus. Pour lui, l’architecture dépasse le simple geste technique : elle est un outil de reconquête mémorielle et un vecteur de culture.
Du carnet de croquis aux chantiers : Une évidence familiale
Pour Michael Chedjou, l’architecture n’est pas le fruit du hasard, mais un alignement parfait entre un héritage familial et une passion d’enfance. Fils et petit-fils de maçons, il grandit avec une sensibilité naturelle pour les métiers de la construction. Mais c’est par le dessin qu’il trace sa propre voie.
Dès son plus jeune âge, il dévore et reproduit les bandes dessinées, trouvant une source d’inspiration majeure dans les caricatures aiguisées du journal Popoli. Déjà au lycée, sa passion devient un premier gagne-pain lorsqu’il crée et vend ses propres cartes de vœux. Aujourd’hui encore, l’architecte ne se déplace jamais sans son carnet de croquis à la main, prolongeant ce lien viscéral entre l’idée dessinée et l’espace bâti.
Le respect et l’humilité comme fondations
Titulaire d’un Diplôme d’État d’Architecture (D.E.A), Michael Chedjou a forgé sa philosophie auprès de mentors marquants. Parmi eux, l’architecte Douala Bell lui transmet une leçon essentielle : « Pour être un bon architecte, il faut deux qualités simples : le respect et l’humilité. »
Dans un métier qui transforme l’environnement et peut parfois tendre vers l’arrogance, il s’efforce de placer l’écoute au centre de sa pratique, valorisant chaque acteur du projet, de l’artisan sur le terrain au donneur d’ordre. Pour le fondateur de MADConcept-Architecture, concevoir est un acte profondément culturel :
« Faire de l’architecture, c’est pétrifier un moment de culture. » — Jean Nouvel
« Maquis Kamerun » : Rallumer les phares de la mémoire
C’est en 2021, lors de son travail de fin d’études, que Michael Chedjou pose l’acte fondateur de sa vision engagée en choisissant un thème percutant : le « Maquis Kamerun ». Nourri par les récits de sa grand-mère fuyant les violences de la guerre d’indépendance, et marqué par la mémoire de son arrière-grand-père tué lors de cette période, il ressent l’urgence de lier l’espace à l’histoire.
Le déclic final survient à Bafoussam. Constatant que l’ancien « Carrefour maquisards » — lieu d’exécutions politiques majeures — a été rebaptisé « Carrefour Total » et occupé par des stations-service, l’architecte y voit une tentative d’effacement de la mémoire collective. À travers ses recherches, inspirées également par la redécouverte du site historique de Bimbia, il entreprend de redonner un sens et un esprit (« génie du lieu ») à ces espaces oubliés. Porté par une campagne de levée de fonds, ce projet mémoriel ambitieux a déjà été présenté à trois reprises aux États-Unis, prouvant sa pertinence à l’échelle internationale.
L’architecture accessible : Briser les idées reçues
Contrairement au mythe tenace qui veut que l’architecte soit un luxe réservé à une élite, Michael Chedjou rappelle qu’il est avant tout un vecteur d’économies. En optimisant l’ergonomie, en limitant les erreurs de chantier et en gérant efficacement l’énergie, l’architecte permet de rentabiliser au moins quatre fois le coût de ses honoraires.
Pour lui, ce sont les promoteurs aux budgets les plus modestes qui ont le plus intérêt à consulter, car ils n’ont pas le droit à l’erreur, contrairement aux clients plus nantis qui peuvent se permettre de démolir et de recommencer.
Une vision pour les métropoles de demain
Installé à Douala où il accompagne principalement des clients privés, Michael Chedjou porte un regard lucide et critique sur l’urbanisme actuel des grandes métropoles camerounaises, qu’il qualifie de « géants aux pieds d’argile ». Face à l’anarchie urbaine, à la pollution et aux défaillances des systèmes d’assainissement et de transport, il appelle de ses vœux un vaste programme de structuration urbaine, à l’image des grands plans historiques européens (le plan Marshall ou le plan Cerdà).
Pour ce jeune créatif passionné, repenser la ville et l’habitat est une urgence absolue. C’est avec cette énergie et un leitmotiv percutant qu’il invite ses futurs clients à franchir le pas : « Demain, c’est maintenant !!! »
Contacts & Réseau
Pour collaborer avec le cabinet MADConcept-Architecture ou échanger avec l’architecte :
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ONAC : N° 690 (Annuaire national consultable en ligne)
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Téléphone : +237 675 812 523 / +237 699 921 084
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E-mail : Michaelchedjou0110@gmail.com
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Page Facebook officielle : MADConcept-Architecture
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