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Yoly Moon : La voix indomptable de l’Est à la conquête de la scène camerounaise

De l’orchestre universitaire de Yaoundé aux cabarets fiévreux de Bamenda, Yvonne Yolande Ngono, alias Yoly Moon, trace sa route avec une détermination farouche. Fièrement enracinée dans ses origines de la région de l’Est, cette jeune diva bilingue livre aujourd’hui son premier maxi-single, « Fais ton way ». Portrait d’une artiste vibrante qui transforme les épreuves en mélodies universelles.

Bien qu’elle ait vu le jour le 18 mai 1995 à Akonolinga, dans le Centre, c’est dans la richesse culturelle et les rythmes profonds de sa région d’origine, l’Est du Cameroun, qu’Yvonne Yolande Ngono puise toute sa sensibilité artistique. Elle choisit très tôt de faire briller cet héritage sous le pseudonyme de Yoly Moon. Si son enfance au sein d’un foyer paisible la prédestinait à un parcours académique classique sous la surveillance bienveillante de son père, son âme vibrante en a décidé autrement. Dès son plus jeune âge, la musique s’impose à elle non pas comme un simple divertissement, mais comme une urgence vitale.

Après l’obtention de son baccalauréat en 2012, elle entame un brillant parcours universitaire qui témoigne de sa riche dualité culturelle. De la prestigieuse University of Buea à la faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Yaoundé I, elle peaufine un bilinguisme parfait. C’est dans cette effervescence estudiantine qu’elle franchit le pas décisif en intégrant le mythique Yaoundé University Music (YUM). En tant que chanteuse interprète, elle y fait ses premières armes professionnelles et y apprend la discipline de la scène.

La flamme sacrée face au refus familial

Pourtant, le chemin vers la gloire est rarement linéaire. Pour Yoly Moon, le principal obstacle fut d’abord intime. Face à sa passion dévorante, ses parents opposent à l’époque une résistance farouche, redoutant les mirages et l’instabilité d’une carrière de musicienne. Mais la flamme de la jeune artiste est nourrie par des influences monumentales. Inspirée par les icônes internationales Céline Dion et Beyoncé, fascinée par la puissance panafricaine de Brenda Fassie, Miriam Makeba et Yvonne Chaka Chaka, elle trouve également ses guides spirituels chez ses aînées camerounaises Annie Anzouer et Bébé Manga. Fortifiée par ces modèles de caractère, Yoly Moon refuse de laisser s’éteindre sa voix.

« L’amour, la marginalisation et l’objectivité sont les âmes vivantes de ses textes. »

Une école de rigueur : du Lycée aux Cabarets

Son talent, précoce, s’était déjà illustré en classe de quatrième dans le club musique de son lycée. Ce jour-là, la jeune fille a le privilège de chanter l’une de ses propres compositions devant le Gouverneur de la région du Centre en visite officielle. La même année, elle se frotte à la cour des grands en participant au célèbre concours Mützig Star, où elle franchit les premières sélections avec brio. Dès lors, le mécanisme est lancé : kermesses, mariages et compétitions interscolaires s’arrachent cette plume facile et cette voix singulière.

Son évolution la conduit à intégrer d’abord le groupe de rappeurs Wagga Roots sous le nom de Nyo. Par la suite, la jeune talentueuse met rapidement son art en exergue en plongeant dans le circuit exigeant des cabarets. À Bamenda, elle enflamme le Cleafton Hotel, puis conquiert Yaoundé à travers des scènes réputées comme le Lysa & Christopher, le Yao Ba’ ou encore le Club Bantou. Sa polyvalence et son leadership naturel lui permettent rapidement d’y occuper le poste de chef d’orchestre.

Ce parcours d’élite lui ouvre les portes de la haute sphère musicale camerounaise. Elle côtoie, collabore et partage la scène avec des monstres sacrés de la culture nationale : Ze Bella, Aijo Mamadou, Nicole Mara, Tonton Ebogo, Josco L’Inquiéteur, K-Tino, sans oublier son mentor Annie Anzouer, tout en rejoignant temporairement la célèbre Compagnie Argentée.

Un premier opus comme un cri d’émancipation

Aujourd’hui, le grand public s’apprête enfin à mesurer toute l’étendue de son univers avec la sortie de son premier maxi-single intitulé « FAIS TON WAY ». Composé de quatre titres percutants, ce projet cristallise les thématiques qui lui sont chères : l’amour universel, la lutte contre la marginalisation et le besoin absolu d’objectivité. On y retrouve les morceaux :

Kô kô kô

Fais ton way

Ma ding wa

Kala kala

Ce disque marque le premier pas officiel de Yoly Moon dans un long et fascinant voyage artistique. En choisissant d’imposer son style, riche de ses origines de l’Est et de son parcours à travers le pays, l’artiste prouve qu’elle a tout d’une grande. Une trajectoire prometteuse à suivre de très près, car ce soleil levant de la musique n’a pas fini de briller sur la culture camerounaise.

 

 

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